Des virus contre les tumeurs du foie, une nouvelle approche unique en Bretagne

En replay, le reportage sur le virus oncolytique de TVRennes du 29 janvier 2018 (cliquez ici)
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Une révolution thérapeutique est en marche avec l’arrivée de l’immunothérapie, qui ouvre la voie à de nouvelles approches contre le cancer. L’une d’elles est appliquée au Centre Eugène Marquis de Rennes contre le cancer du foie : l’utilisation de virus tueurs dits « oncolytiques », c’est-à-dire qui s’attaquent spécifiquement aux cellules cancéreuses pour induire leur mort cellulaire.

Des virus contre le cancer ?

Certains virus étant à l’origine de cancers, comme le papillomavirus pour le col utérin,  la démarche peut sembler surprenante de prime abord. Pourtant, l’idée d’utiliser des virus comme agents thérapeutiques contre le cancer a déjà prouvé son efficacité, notamment dans le traitement de mélanomes avancés. Le principe : un virus inoffensif pour l’Homme car génétiquement modifié et programmé pour se multiplier uniquement dans les cellules cancéreuses jusqu’à les faire exploser. Dans le cas où les thérapies conventionnelles ne sont pas en mesure d’éliminer la tumeur, ces virus oncolytiques offrent donc une alternative nouvelle, qui lutte contre la tumeur « de l’intérieur »  puisque les virus tueurs sont injectés directement au contact des cellules tumorales. Autre effet favorable de cette stratégie : la destruction de cellules cancéreuses déclenche une réaction anti-tumorale qui stimule le système de défense immunitaire du patient et le pousse à attaquer les cellules malades restantes, non infectées par le virus et ce, où qu’elles se trouvent dans le corps du patient.

Une approche redoutable, unique en Bretagne 

Seul établissement à proposer l’utilisation de virus oncolytiques en Bretagne, le Centre Eugène Marquis de Rennes traite par cette méthode des patients atteints d’hépatocarcinome qui est la plus fréquente des tumeurs malignes primitives du foie. Cette approche pourrait permettre d’augmenter l’espérance de vie de patients dont la tumeur est inopérable ou métastatique, tout en améliorant leur qualité de vie avec une thérapie qui induit peu d’effets indésirables (parfois une légère fièvre ou éruptions cutanées). 3 patients ont bénéficié de cette démarche en 2017. À terme, si ce traitement confirme son efficacité, plusieurs dizaines de patients pourraient être traités par virus oncolytiques chaque année dans divers types de tumeurs.

 

Référent mondial dans la recherche contre le cancer du foie, le Centre Eugène Marquis a été choisi pour participer à une étude clinique internationale qui cherche à optimiser l’utilisation de virus oncolytiques en les associant au traitement conventionnel (thérapie ciblée par médicament) pour les formes avancées de tumeurs. Lancée fin d’année 2017, la dernière phase de cette étude sera menée sur 3 ans et portera sur 600 patients dans le monde parmi lesquels 15 à 20 seront suivis au Centre Eugène Marquis. L’enjeu est de taille : développer une thérapie plus efficace que celles qui existent aujourd’hui. Par ailleurs, cette étude pourrait servir de point de départ à l’utilisation de virus oncolytiques dans le traitement d’autres tumeurs.