Professionnels de santé

Le département de radiothérapie

Le département du Centre Eugène Marquis prend en charge chaque année plus de 1600 patients (plus de 33 600 venues) pour des traitements de radiothérapie externe et une centaine de patients pour des curiethérapies.

  • La radiothérapie est une méthode efficace du traitement du cancer. Elle peut être utilisée seule ou associée à la chimiothérapie et/ou à la chirurgie. Environ deux tiers des patients ayant un cancer ont un traitement par radiothérapie. Il s’agit d’un traitement conservateur,  conduisant donc à la préservation des organes mais aussi le plus souvent de leur fonction. Le but de la radiothérapie est de guérir en préservant au mieux la qualité de vie. Certaines pathologies non cancéreuses peuvent aussi bénéficier de la radiothérapie.

    Le rayonnement est généré par un appareil (accélérateur) situé à distance du patient, alors que celui-ci est allongé sur une table de traitement, avec le plus souvent un système de contention personnalisé. Les faisceaux d’irradiation viennent alors cibler la tumeur, en évitant au maximum les organes sains. La radiothérapie « externe » est délivrée en plusieurs séances, de 10 à 15 mn chacune, classiquement une fois par jour, 5 jours par semaine (en dehors du   samedi et du dimanche), pendant plusieurs semaines. Ce traitement s’effectue dans la plupart des cas en externe. La séance est indolore mais une irritation des organes peut survenir en cours de traitement. Le patient est vu en consultation une fois par semaine pour s’assurer de la bonne tolérance de l’irradiation. Cette surveillance est poursuivie pendant les années qui suivent la fin du traitement.

    La curiethérapie (radiothérapie « interne ») utilise des sources radioactives (petits fils ou grains) qui sont mises en place, soit temporairement (cancers de l’utérus), soit définitivement (cancer de la prostate) au contact de la tumeur. Une hospitalisation courte peut être nécessaire.
    Les deux techniques (radiothérapie externe et curiethérapie) peuvent être utilisées soit séparément soit combinées (cancer du col de l’utérus).

    Ces traitements complexes nécessitent une grande précision associée à une grande rigueur et vont impliquer différentes catégories de professionnels de santé, dans un double objectif d’efficacité (guérison sans séquelles) et de sécurité.

    Système de contention pour traitement d'un cancer du sein à un accélérateur.

    Les faisceaux d’irradiation convergent vers la tumeur : la dose est  maximale à l’intersection des faisceaux.

  • 1) Techniques de radiothérapie de haute technicité et de haute précision

    Outre les irradiations « conventionnelles », le Centre Eugène Marquis assure un grand nombre d’irradiations de haute technicité et de haute précision telles que les irradiations corporelles totales avant greffe de moelle (leucémie, lymphome), les radiothérapies stéréotaxiques cérébrales, les irradiations par modulation d’intensité et guidées par l’image (cancers de prostate, de l’utérus, de la sphère ORL), parfois avec un asservissement respiratoire (cancers du poumon et du foie).

    Ces techniques de radiothérapie nécessitent souvent l’utilisation d’une imagerie très performante provenant du service de médecine nucléaire du Centre Eugène Marquis ou du département de radiologie du CHU de Rennes situé à quelques centaines de mètres du Centre Eugène Marquis.
    La majorité de ces techniques de haute précision ne peut donc être réalisée au niveau régional qu’au Centre Eugène Marquis.


    2) Activité pédiatrique

    Le département de radiothérapie du Centre Eugène Marquis est le centre de référence régional pour le traitement des lésions tumorales des enfants.

    Cette activité est coordonnée dans le cadre du réseau régional de cancérologie pédiatrique basé dans le service d’onco-hématologie de l’hôpital Sud à Rennes. Les âges s’échelonnent de 1 à 17 ans, l’âge moyen étant de 11 ans.

    Les cancers du cerveau, les leucémies, les tumeurs osseuses, les sarcomes et la maladie de Hodgkin, totalisent 80 % des pathologies irradiées. Les traitements sont décidés après concertation entre experts de différentes régions de France par vidéoconférence.


    3) Une préoccupation constante de qualité et de sécurité des traitements

    Le département de radiothérapie est équipé d’un système informatique « réseau » performant, dont l’un des objectifs principaux est d’améliorer la qualité et la sécurité des traitements (systèmes de vérification et d’enregistrement des paramètres de traitement).

    L’équipe de physiciens du Centre Eugène Marquis est très concentrée sur les procédures de planification dosimétrique et de contrôle de qualité des appareils.

    Un « comité de retour d’expérience » (CREX) est mis en place depuis plusieurs années. Il s’agit d’une réunion mensuelle, pluridisciplinaire. Elle permet d’identifier des évènements précurseurs qui pourraient entraîner des dysfonctionnements. Si besoin un plan d’actions est mis en œuvre. Le suivi correctif est évalué par le comité. 
     

    4) Une préoccupation d’ « humanité » dans la réalisation technique de la radiothérapie

    Les soins de support sont proposés au patient tout au long de la maladie. Ils permettent une prise en charge globale et une meilleure qualité de vie. Ils regroupent les professionnels suivants : des manipulateurs du dispositif d’accompagnement, des psychologues, une assistante sociale, une diététicienne, une kinésithérapeute,  une socio-esthéticienne et une accompagnatrice de santé ERI …

    La consultation d’accompagnement est un temps d’écoute à distance de la consultation médicale d’annonce. Elle offre un temps au patient pour parler de lui, de sa maladie et de ses préoccupations. Ce temps de partage permet de donner ou de compléter les informations, d’échanger sur les traitements et leurs effets secondaires et d’identifier les besoins en soins de support.  La consultation dure entre 30 min et 1h30. 
     

  • Le Centre Eugène Marquis (CEM) est équipé d’appareils de traitement performants pour mieux cibler les tumeurs et limiter fortement les effets secondaires.

    1) La radiothérapie externe

    Le département de radiothérapie est équipé :

    • D’un scanner dédié à la radiothérapie :

    Ce scanner permet de reconstruire en trois dimensions d’une part la lésion, mais aussi les structures anatomiques normales. D’autres images telles que celles provenant de l’IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) ou de la TEP (Tomographie par Emission de Positrons) peuvent être fusionnées au scanner pour améliorer le ciblage.
     

    Scanner permettant de préparer le traitement et cibler la tumeur

    Scanner  permettant de préparer le traitement et cibler la tumeur.

    C'est au cours de cette étape que les contentions personnalisées sont réalisées.

    • De quatre accélérateurs de particules :

    Ces appareils délivrent des faisceaux de photons convergeant vers la tumeur, en limitant la dose aux organes sains. Ces appareils de dernière génération permettent de délivrer les traitements les plus modernes telles que la radiothérapie guidée par l’image et la modulation d’intensité en arcthérapie qui permet de conformer les distributions de dose au volume cible avec une haute précision.
     

    accélérateur de particules

    Appareil de traitement avec imagerie embarquée (CBCT) permettant une irradiation avec modulation d'intensité.

    2) La curiethérapie

    Le CEM dispose de plusieurs techniques de curiethérapie indiquées chacune pour des cancers spécifiques. Elles diffèrent en fonction de la nature de la source radioactive et du débit de dose.


    Au CEM, sont utilisées les sources suivantes :

    l’Iridium 192 : en bas débit de dose (cancers ORL), pulsée (cancers du col de l’utérus) ou haut débit de dose (cancers du corps de l’utérus). La source radio-active est temporairement au contact de la lésion (quelques minutes en cas de haut débit de dose ou quelques jours en cas de bas débit de dose).

    l’Iode 125 : 50 à 100 grains radioactifs sont mis en place de façon définitive dans la prostate. La technique nécessite 48h d’hospitalisation. L’intérêt de cette technique de traitement des cancers de la prostate est de limiter les troubles de l’érection, sans donner d’incontinence urinaire.
     

    curiethérapie de prostate

    Curiethérapie de prostate : des petits grains radioactifs sont placés définitivement dans la prostate sous anesthésie générale. Ils permettent d’irradier sélectivement la prostate.

    Notre service de curiethérapie est équipé :

    • D’une unité d’hospitalisation de 2 chambres protégées contre les radiations, en zone contrôlée, d’accès réglementé, au rez-de-chaussée du bâtiment hospitalisation (porte A).
    • De projecteurs de source radioactive pour le haut débit et le pulsé.
       

    chambre de curiethérapie

    Chambre de curiethérapie avec projecteur de source

     3) Les techniques innovantes

    a) Radiothérapie par modulation d’intensité (IMRT ou RCMI) incluant l’arc IMRT

    Les techniques de radiothérapie dites de modulation d’intensité permettent de délivrer une dose mieux ciblée dans la tumeur en épargnant fortement les structures saines avoisinantes. L’intérêt, comme par exemple en cas d’irradiation des cancers de la prostate, est de pouvoir effectuer une escalade de dose au niveau de la tumeur (jusqu’à 80 Gy) et donc d’augmenter le contrôle local. L’irritation dans les organes avoisinants la prostate tels que la vessie et le rectum, s’en trouvent ainsi diminuée. En cas d’irradiation des ganglions du bassin, cette technique diminue  les effets secondaires au niveau de l’intestin et de la vessie. Elle permet aussi de  préserver la salivation en cas de radiothérapie des tumeurs de la sphère ORL, en limitant la dose dans les glandes salivaires.

    Cette technique de modulation d’intensité a été encore améliorée par l’utilisation d’une technique en arc (VMAT) permettant de  réduire par trois  le temps d’irradiation (technique utilisée depuis 2009 au Centre Eugène Marquis).
     

    Modulation d'intensité en arc

     modulation d'intensité en arc

    La technique de modulation d’intensité en arc permet de délivrer une dose plus sélectivement dans le cancer en épargnant les organes sains, pendant une durée courte (quelques minutes).

    b) Radiothérapie guidée par l’image (IGRT)

    Les organes sains et la tumeur peuvent se déplacer (de quelques mm ou cm) et se déformer d’une séance d’irradiation à l’autre. Ces variations « normales » doivent être prises en compte pour améliorer le ciblage (risque de mauvais dosage dans les structures). Une technologie récente (cône beam CT), disponible au Centre Eugène Marquis depuis 2008, permet de s’assurer de la bonne position de l’organe traité sous l’appareil de traitement grâce à la réalisation d’une véritable image scanner.

    Le département du Centre Eugène Marquis a une position de référence nationale et internationale dans cette technique dite guidée par l’image (Cf chapitre innovation et recherche).
     

    c) Technique d’asservissement respiratoire

    La technique d’asservissement respiratoire concerne le traitement des tumeurs bronchique et hépatique. Ces tumeurs, en fonction de leur position, peuvent bouger de façon plus ou moins importante durant le traitement, et de ce fait, poser des problèmes de ciblage. La technique d’asservissement respiratoire consiste à surveiller la respiration du patient à partir d’un dispositif appelé spiromètre et de réaliser le traitement lorsque le patient bloque sa respiration.

    Cette technique améliore la précision de la radiothérapie. La tumeur est toujours traitée au même endroit du poumon ou du foie et ceci diminue le risque d’effets secondaires au niveau des tissus sains. Cette technique est proposée à certains patients depuis 2008.

    d) Radiothérapie stéréotaxique intra et extra-crânienne

    La stéréotaxie est une technique de repérage dans l’espace utilisée en neurochirurgie et en radiothérapie. Cette méthode de traitement de haute précision permet de délivrer une dose élevée de radiation dans une cible, en utilisant soit une dose unique, soit un petit nombre de fractions.

    La radiothérapie en conditions stéréotaxiques est effectuée sur 2 accélérateurs et sur le CyberKnife (cf. paragraphe suivant).

     

  • Une équipe multi-disciplinaire prend en charge le patient devant recevoir une radiothérapie.

    • L’équipe médicale est composée de 8 médecins radiothérapeutes, dont certains ont une appartenance universitaire. Le radiothérapeute décide du type de traitement le mieux adapté  et en contrôle le bon déroulement.

      Pour plus d'informations sur l'équipe médicale

    • 4 médecins internes en radiothérapie.

    Ces médecins en formation assurent une activité médicale, encadrée par les médecins radiothérapeutes « statutaires ».

    • 1 cadre de santé 

    Le cadre de santé gère et optimise le fonctionnement de l’activité de soins. Il anime et encadre l’équipe soignante (manipulateurs, brancardiers, prothésiste et agents de service hospitalier)  du département en garantissant et en développant la qualité de la prise en charge des patients.

    • 1 manipulateur principal

    Il coordonne les nouveaux projets techniques, anime et apporte aux membres de l’équipe une assistance technique. Il fait le lien avec le cadre de santé.

    • 25 manipulateurs

    Le manipulateur est responsable, sous contrôle médical, de la mise en œuvre et de l’application des traitements. Dans le secteur de dosimétrie, sous la responsabilité du médecin et du physicien, il participe à la réalisation des calculs dosimétriques.

    • 7 physiciens médicaux 

    Le physicien est responsable des mesures et des calculs de la dose de rayonnement à délivrer à chaque patient, des contrôles de qualité des appareils de la chaîne de traitement et de la radioprotection du patient.

    M. Jean-Pierre MANENS, responsable de l'unité de physique médicale, est docteur en sciences et titulaire d’une habilitation à diriger les recherches (HDR). De ce fait, il a une activité recherche importante au Centre Eugène Marquis  et dans le cadre de l’unité INSERM 642/LTSI. Il assure aussi une responsabilité nationale dans l’enseignement de la physique médicale dans le cadre du Diplôme de Qualification en Physique Radiologique et Médicale (SFPM/INSTN de Saclay/DQPRM).

    • 2 techniciens biomédicaux

    Le technicien assure la maintenance curative et préventive sur les accélérateurs ainsi que le suivi. Il réalise les contrôles de qualité quotidien, hebdomadaire ou mensuel en relation avec les physiciens.

    • 1 technicien de mesure physique  
    • 1 prothésiste 

    Il réalise les accessoires nécessaires au traitement et au confort du patient. 

    • 1 assistante de direction  
    • 6 assistantes médicales  
    • 3 assistantes de gestion  
    • 1 agent de service hospitalier
      Il assure l'entretien des salles de consultation et l'approvisionnement en petit matériel. 
    • 3 brancardiers
      Ils assurent l'accueil, le transport et l'accompagnement du patient en tenant compte de son état de santé et des informations données.

     

  • La mission des acteurs du Centre Eugène Marquis est double : d’une part réaliser les soins les plus adaptés et efficaces, et d’autre part réaliser une activité de recherche pour augmenter la guérison et diminuer les effets secondaires des traitements. La recherche dans le département de radiothérapie s’articule en deux axes.
     

    1) La recherche clinique

    Les médecins radiothérapeutes aidés par les physiciens participent à de nombreuses études nationales ou internationales visant à identifier ou valider de nouveaux traitements pour améliorer la guérison et/ou diminuer les effets secondaires. Cette activité de recherche est réalisée grâce au soutien « logistique » du Bureau d’Etudes Cliniques du centre Eugène Marquis dirigé par Le Dr Lesimple. Le Centre Eugène Marquis initie aussi des études propres, en particulier dans les tumeurs prostatiques, gynécologiques et ORL.

    2) Recherche translationnelle « plus en amont »

    La recherche en radiothérapie au Centre Eugène Marquis est adossée à une équipe de chercheurs plus fondamentaux, ayant une grande compétence en mathématiques et imagerie. Cette unité de recherche (INSERM et Université de Rennes 1) est le « Laboratoire du Traitement du Signal et de l’Image dirigé par le Pr Senhadji. De nombreux chercheurs de cette unité sont impliqués, en particulier le Pr Haigron, le Dr Simon (maitre de conférence des universités) et le Dr Acosta (MCU), dans un cadre de collaborations nationales et internationales (européen, Chine, Etats-Unis, Australie,…).  Plusieurs étudiants effectuent des travaux de thèse de science sur la thématique de la radiothérapie.

    Ces travaux visent à :

    • améliorer le ciblage des rayonnements vers la tumeur.
    • mieux identifier/prédire les facteurs de guérison et de toxicité
       
  • Le Centre Eugène Marquis dispose depuis février 2014 d'un CyberKnife® M6, appareil de radiothérapie stéréotaxique de nouvelle génération, le premier de la région Bretagne.

    Le  CyberKnife® est destiné à traiter des tumeurs intra et extra-crâniennes. Cet appareil offre de nouvelles possibilités de traitement :

    Il se distingue par une très grande précision de ciblage des tumeurs, notamment mobiles. Sa précision inférieure au millimètre permet de traiter les tumeurs les plus difficiles d'accès tout en épargnant les organes sains environnants.

    Il permet aussi de délivrer de plus fortes doses de rayons en un nombre de sessions plus réduit (1 à 5), ceque l'on appelle l'hypofractionnement.

    Grâce à son bras robotisé et à son système d'imagerie, il détecte les mouvements du patient et de la tumeur, les suit en temps réel et les corrige tout au long de la séance de traitement.

    Les principales indications du CyberKnife son pour les lésions intracrâniennes :

    • Métastases cérébrales,
    • Neurinomes, malformations artério-veineuses,
    • Tumeurs de l'hypophyse, méningiomes...

    Pour les tumeurs extracrâniennes, il s'agit principalement des tumeurs primitives et secondaires du foie et du poumon, des tumeurs rachidiennes, ainsi que des tumeurs du pancréas et de la prostate.